IA et recherche : 29% des mots clés en déclin, mais une demande stable

Temps de lecture : 4 min

Points clés à retenir

  • 29 % des recherches à fort volume sont en déclin mesurable, mais la demande globale reste stable : les volumes perdus sont presque intégralement compensés par des gains ailleurs.
  • Les requêtes non brandées sont les plus exposées, car l’IA y répond directement sans clic. Les secteurs transactionnels (SaaS, voyage, assurance) résistent mieux que les secteurs informationnels (FinTech, santé, bien-être).
  • 59 % des internautes visitent un site après une recommandation d’un chatbot. La mention de marque dans une réponse IA devient le nouveau critère de visibilité.

29 % de la demande en déclin, mais une répartition très inégale

On entend souvent que l’IA tue la recherche. C’est à la fois vrai et faux. Une étude récente de Fractl et Search Engine Land, basée sur les données Semrush, a analysé plus d’un million de mots clés à fort volume. Le constat est précis : 29 % des recherches à fort volume sont en déclin mesurable. Ce chiffre dépasse de 4 points la prévision de Gartner de 2024.

Sur le terrain, cet écart de 4 points sur un ensemble représentant 35,4 milliards de recherches mensuelles, ça pèse. Mais regardons de plus près. La baisse n’est pas uniforme. La FinTech accuse une chute de 37,7 %, le lifestyle limite à -15,2 %. La ligne de partage : les catégories où l’IA peut fournir une réponse complète reculent. Les catégories où l’utilisateur doit comparer, réserver ou acheter résistent.

En pratique, les secteurs transactionnels (SaaS, assurance, voyage) restent sous le seuil des 25 % de déclin prédit par Gartner. Les secteurs informationnels (HealthTech, FinTech, bien-être) le dépassent largement.

La demande se redistribue, elle ne s’effondre pas

Décortiquons la structure de ces données. 40,7 % des mots clés suivis perdent plus de 15 % de volume sur un an. Mais 20,1 % en gagnent autant. Ces mots clés en croissance portent davantage de volume chacun. Résultat : les deux plateaux s’équilibrent presque. Côté déclin : environ 10,29 milliards de recherches mensuelles. Côté croissance : 10,31 milliards. Le solde net est de +16,8 millions de recherches par mois. La variance, ça se gère. Et ici, la variance ne montre pas un effondrement, mais une relocalisation.

Ce qui compte vraiment, c’est la nature des requêtes concernées. 90 % du volume suivi correspond à des requêtes non brandées. Ces requêtes sont les plus faciles à absorber par un chatbot : pas de marque, pas de besoin de clic. La HealthTech (99,6 %) et le bien-être (98,5 %) sont les plus exposés. L’assurance (73,8 %) et le SaaS (82 %) le sont moins, car la réponse de l’IA ouvre souvent la porte à une recherche de marque.

Le SEO ne suffit plus : place au GEO

Passons au concret : continuer d’optimiser pour des requêtes que l’IA traite mieux que vous, c’est de l’investissement à perte. L’enjeu devient la construction d’une autorité qui fait de votre marque la réponse, que ce soit sur Google ou dans un chatbot.

Le sondage complémentaire auprès de 1 004 consommateurs américains confirme cette bascule. 59 % des internautes visitent un site après qu’un chatbot a mentionné une marque. 18 % ont déjà acheté un produit directement sur recommandation d’une IA, sans vérification séparée. Chez la génération Z et les millennials, ce taux monte à 20 %, contre 7 % chez les baby-boomers. L’étude le dit sans détour : « Les mentions de marque dans une réponse IA sont le nouveau classement. »

Une bascule documentée, mais encore à vérifier en France

Sans langue de bois : cette étude porte sur le marché américain. Les AI Overviews et l’AI Mode ne sont pas encore disponibles en France (arrivée prévue cet été 2026). Le comportement des consommateurs français pourrait différer. Mais les tendances lourdes sont là : 70 % des personnes interrogées utilisent davantage l’IA, même si seulement 17 % déclarent moins recourir à la recherche classique.

Si c’est complexe, c’est que c’est mal réglé. En l’occurrence, c’est simple : le SEO traditionnel vit sa mue. Le GEO – l’optimisation pour les réponses génératives – devient un levier complémentaire indispensable. Chez ZoneMentale, on voit déjà les premiers effets sur des clients B2B : les requêtes non brandées chutent, mais les mentions de marque dans les réponses IA génèrent de nouvelles opportunités. La demande ne se contracte pas : elle se déplace. À vous de choisir si vous voulez être là où elle va, ou regarder la route dans le rétroviseur.

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Gaetan Loubiere
Gaetan Loubiere

Gaetan Loubiere est le fondateur de Zone Mentale. Ancien joueur de poker professionnel, il accompagne les entreprises sur l’IA opérationnelle, le SEO, Reddit, la distribution organique et les stratégies d’acquisition basées sur la preuve, la légitimité et l’exécution terrain.

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